la collection 

PERMANENTE

arts poétiques

J'ai une prédilection par les oeuvres où les artistes, les auteurs, expriment leur vision de leur art ou de leur pensée, où ils prennent pour sujet leur travail même.
A la recherche du temps perdu de Marcel Proust, 8 et demi de Federico Fellini, La Nuit Américaine de François Truffaut, ou Le Manifeste du Surréalisme de Breton et Soupault,

 je les considère tous comme des arts poétiques.

Aussi j'ai voulu rassembler ici, dans cet espace à l'écart du rythme plus soutenu de nos autres programmations, des pièces courtes, adaptées aux usages en vigueur dans Subjectif, qui me semblent participer de ce genre avec intelligence, créativité et singularité. 

Grâce à la générosité de leurs auteurs, elles constitueront une collection permanente 

qui va s'enrichir au gré des rencontres. 

Gilles Verdiani

Beaucoup de choses me touchent dans ce film muet en noir et blanc. D'abord, c'est qu'il est en noir et blanc et muet, seulement sonorisé par le subtil frottement de la pellicule dans le projecteur, ce qui le rend envoutant. Et qu'il nous offre ainsi les meilleures conditions pour regarder. Ensuite, c'est qu'il a été écrit en 1995, année du centenaire du cinéma, par quelqu'un qui était encore un artiste contemporain en pleine activité, et qui ne devait réaliser son premier long métrage que dix ans plus tard. Et que  c'est le premier film connu, en cent ans, qui mette en scène le rapprochement pourtant classique dans les livres entre la caverne de Platon et la salle obscure des frères Lumière. Enfin, c'est que dans ce premier film, Philippe Fernandez téléscope - ou emboîte - trois origines : le mythe fondateur de la philosophie occidentale; la naissance ou plutôt l'essence du cinéma ; et ses propres premiers pas dans un projet qu'il ne cesse depuis d'explorer et qu'il a nommé : filmosophie. GV

CONTE PHILOSOPHIQUE
(LA CAVERNE)

Philippe Fernandez,

1995-1998 

(35mm, 14 mn) 

JE PEINS
NILS THORNANDER,

2017 

(VIDEO - 4,27mm) 

Bien que ses oeuvres combinent depuis vingt ans la vidéo, la photographie, le dessin, l'architecture, le ready made et l'installation,
et bien qu'il soit aussi un compositeur, aussi virtuose dans la chanson pop que dans l'électro la plus avant-gardiste ou les rythmes latinos,
bien qu'il chante suavement et qu'il écrive encore mieux,
avant d'être plasticien, un musicien, un chanteur et un écrivain, Nils Thornander est un peintre.
Il s'est fait peintre, tout seul à 15 ans, en lisant Vasari et en apprenant par ses propres moyens toutes les techniques, du chassis aux pigments, de la perspective aux glacis, préférant choisir pour maîtres et modèles les plus grands génies morts que  de médiocres professeurs vivants.
Comme j'ai la chance immense d'être son ami depuis 18 ans, j'ai compris à ses côtés ce que la peinture avait capturé, saisi, précipité dans ses toiles de la civilisation occidentale.
Quand j'ai découvert qu'il avait réalisé, pour une conférence à laquelle il avait été convié, ce bref film qui résume ce que c'est qu'être peintre, je lui ai demandé tout de suite de pouvoir le montrer aux abonnés de Subjectif, comme une gemme rare. GV

 

© Subjectif 2018

 

La culture  est l'exact contraire de l'actualité - Marcel Proust

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